lundi 7 mars 2016

Rencontre d’Héraclius avec abu sufyân



Lappel du Prophète
(salallahu alayhi wasalam)
à lIslam

lbn Abbâs : Abu Sufyân ben Harb ma informé que,
dans la trêve qui était entre le Messager dAllah
et les Polythéistes de Quraych, il était allé avec quelques hommes
de Quraych en tant que marchands.
« Le messager dHéraclius nous a trouvés quelque part en Syrie,
a dit Abu Sufyân, et on nous a emmenés, moi et mes compagnons,
à Jérusalem. Alors on nous a introduits auprès de lui,
et voilà quil est assis avec la cour de son royaume ;
il était paré de sa couronne et il avait autour de lui
les seigneurs des Byzantins.
"Demande-leur, a-t-il dit à son interprète, lequel
Dentre eux est le plus proche de cet homme
qui se prétend être prophète.
_ Moi, ai-je répondu, je suis le plus proche de lui queux.
_ Quel est le lien de parenté entre vous deux  ?
_ Cest mon cousin paternel, ai-je répliqué.
(Il est vrai quà ce moment-là, il ny avait, à part moi,
aucun des banû Abd-Manaf dans la caravane).
_ Quon le fasse rapporcher !" ordonna Héraclius
qui demanda aussi de rapprocher mes compagnons
quon a placés derrière mon dos, juste près de mon épaule.
Puis il a dit à son interprète  :
"Dis à ses compagnons que je vais interroger cet homme
au sujet de celui qui se prétend être un prophète.
Sil ment, démentez-le !"
Par Allah, avait dit Abu Sufyan, si ce nétait, ce jour-là,
la honte de voir mes compagnons signaler mes mensonges,
jaurais certainement menti lorsquil minterrogea sur lui.
Mais j’eu ai honte quils signaleraient mes mensonges,
alors je lui ai dit la vérité.
Après quoi, il a dit à son interprète :
"Demande lui quel est le lignage de cet homme parmi vous ?
_ Chez nous, il est de haut lignage, ai-je répondu.
_ Y a-t-il quelquun parmi vous qui a tenu avant lui de tels propos ?
_ Non.
_ Lavez-vous accusé de mensonge avant quil ne dise ce quil a dit ?
_ Non.
_ Lun de ses grand-parents était-il un roi  ?
_ Non.
_ Est-ce alors les nobles qui le suivent ou les faibles ?
_ Cest plutôt les faibles.
_ Est-ce que leur nombre augmente ou est-ce quil diminue ?
_ Leur nombre saccroît plutôt.
_ Y en a-t-il qui apostasie après avoir embrassé sa religion ?
_ Non.
_ Trahit-il ses engagements ?
_ Non, cependant nous sommes actuellement en trêve
avec lui et nous craignons quil ne trahisse.
" Ce mot avait été le seul où javais pu glisser quelque chose
qui puisse lamoindrir sans craindre de la voir prise sur mon compte.
"Lavez-vous combattu, a repris Héraclius, ou vous a-t-il combattu ?
_ Oui.
_ Comment étaient alors sa guerre et votre guerre ?
_ Cétait à chacun son tour. Une fois cest lui qui prend
le dessus et une fois cest nous qui prenons le dessus.
_ Et que vous recommande-t-il dobserver ?
_ II nous recommande dadorer Allah seul sans lui rien associer
et il nous interdit ce quadoraient nos pères.
Il nous recommande dobserver la prière, laumône,
Dêtre chastes, de respecter les engagements et de rendre
les dépôts confiés."
Après que je lui ai ainsi parlé, il sest adressé à son interprète  :
"Dis-lui que je tai interrogé sur son lignage et
tu as dit quil était dun haut lignage ; eh bien  !
cest ainsi que sont envoyés les messagers ;
ils sont choisis dans le haut lignage de leurs peuples ;
je tai demandé si quelquun parmi vous avait tenu
avant lui les mêmes propos et tu as dit que non.
Alors je me suis dit que si quelquun parmi vous
avait tenu avant lui les mêmes propos, jaurais pensé
quil est un homme qui veut être un chef avec des propos
qui ont été dits avant lui ;
je tai demandé si vous laviez accusé de mensonge
avant quil navance ce quil a dit et tu as dit que non.
Alors jai compris que sil ne soutient pas de mentir aux gens,
il ne peut mentir sur le compte dAllah  ;
je tai demandé si lun de ses grand-pères était roi,
et tu as dit que non. Alors je me suis dit que si lun
de ses grand-pères était roi, aurait voulu le trône
de ses grand-pères ;
je tai demandé si cétait les nobles des gens ou
leurs faibles qui le suivent et tu as dit que cest leurs faibles ;
et ce sont eux les partisans des prophètes  ;
je tai demandé si leur nombre saccroissait ou
sil diminuait, et tu as dit que leur nombre allait croissant,
et cest ainsi le propre de la foi qui saccroît jusquà son triomphe ;
je tai demandé sil y en avait qui apostasiait
après avoir embrassé sa religion, et tu as dit que non,
et cest ainsi le propre de la foi quand sa douceur se mélange
aux coeurs : aucun ne la prend en aversion ;
je tai demandé sil trahissait ses engagements et
tu mas dit que non, et cest ainsi que sont les prophètes  :
ils ne trahissent jamais leurs engagements ;
je tai demandé si vous laviez combattu et
sil vous avait combattu et tu as dit quil lavait fait,
que votre guerre et sa guerre avaient eu des alternatives,
quune fois il prenait le dessus et quune fois vous prenez le dessus,
et cest ainsi les prophètes : ils sont mis à lépreuve mais
lissue finale est à eux ;
je tai demandé ce quil vous recommande et
tu as dit dadorer Allah sans rien Lui associer,
quil vous interdit ce quadoraient vos pères et
quil vous recommande dobserver la prière, laumône,
dêtre chaste, de respecter les engagements et de rendre
les dépôts confiés.
Et ceci est le portrait des prophètes, je savais
Quil allait apparaître, cependant je ne croyais pas
Quil serait de vous. Si ce que tu as dit est vrai,
il est sur le point de semparer de lendroit où jai mes pieds.
Si je pouvais parvenir jusquà lui, jaurais tout fait
pour aller à sa rencontre ; et si jétais auprès de lui,
je lui aurais lavé les pieds."
Après quoi, Héraclius a demandé la lettre du
Messager dAllah , laquelle  a été lue.
Elle contenait  :
Au nom dAllah, le Tout miséricorde,
le Très Miséricordieux.
De Muhammad, le serviteur dAllah et Son messager,
à Héraclius, le grand chef des Byzantins.
Que la paix soit sur celui qui est sur la voie de la Guidance.
Cela dit, je tappelle selon la formule de lislâm  :
embrasse lislâm et tu seras sauvé, embrasse lIslam
et Allah te fera part dune double récompense.
Et si tu refuses, tu assumeras les péchés de tes sujets...
Dis : "ô gens du Livre, venez à une parole commune entre nous et vous :
que nous nadorions quAllah, sans rien Lui associer,
et que nous ne prenions point les uns les autres
pour seigneurs en dehors dAllah".
Puis, sils tournent le dos, dites  :
"Soyez témoins que nous, nous sommes soumis"
(sourate al Imran verset 64)
Et une fois la lecture de la lettre terminée,
les voix des seigneurs byzantins qui étaient présents
se sont élevées et un grand tumulte sen est suivi.
Je ne sais ce quils ont dit ; on a donné lordre et
on nous a fait sortir.
Lorsque je me suis trouvé dehors avec mes compagnons
et que je me suis trouvé à lécart avec eux, je leur ai dit :
"Laffaire dibn Abu Kabcha a pris de limportance.
Voilà le roi des banû al-Asfar qui le redoute."
Par Allah ! je suis demeuré humblement convaincu
que sa cause prendrait le dessus jusquau moment
où Allah a amené lIslam dans mon coeur malgré ma répugnance. »
(bukhary n°  2941).




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